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BAL POUSSIERE


Un film de Henri Duparc (ci-contre, à droite)

Réalisé en 1988, " Bal poussière " est l'un des longs métrages d'Afrique qui a le mieux fonctionné lors de sa sortie. A titre d'exemple, il a généré 300 000 entrées sur le territoire français.
Abordée sous le ton d'une comédie légère, la thématique de " Bal poussière " n'en est pas moins grave : il s'agit en fait d'un film " féministe " qui s'attache à ridiculiser les hommes avec humour et tendresse.

Binta, incarnée par Hanny Tchelley, est une jeune ivoirienne délurée venue à Abidjan poursuivre ses études. Là, elle s'est amourachée d'un musicien qui est loin d'emporter l'adhésion de son oncle et de sa tante, lesquels, de crainte qu'elle ne soit " enceintée ", décident de la réexpédier dare-dare dans son village d'origine.
Au village, l'homme le plus aisé est surnommé " Demi Dieu ", car après le Tout Puissant, c'est lui qui règne sur place. Ce patriarche polygame (il a déjà cinq épouses) est immédiatement séduit par la fraîcheur insolente de la jeune femme au franc-parler.
Il demande sa main à ses parents, mais Binta ne l'entend pas de cette oreille et refuse d'être considérée comme une marchandise. Elle décide finalement d'accepter la proposition de " Demi-Dieu ", amusée par le personnage. On assiste alors à une scène hilarante pendant laquelle le futur mari annonce à ses cinq coépouses son intention d'en ajouter une sixième et d'accorder ainsi à la meilleure de la semaine le privilège de passer la nuit du dimanche en sa compagnie.
Mais Binta va perturber l'ordre de la maisonnée avec sa conception citadine et émancipée des rapports hommes femmes. Elle créé alors deux clans : celui des " pagneuses" (les épouses les plus âgées de son mari) et celui des " robeuses ", auquel elle appartient. Toutes les femmes du village adhèrent à cette répartition : il n'y a désormais plus de tailleurs, mais des " pagneurs " conservateurs et des " robeurs " évolués. Car c'est bien une opposition humoristique entre une tradition misogyne et un avenir incertain mais égalitaire que le cinéaste dépeint dans " Bal poussière ".
Petit à petit, " Demi Dieu " voit son aura s'étioler, victime de la rivalité entre ses coépouses. Le point d'orgue de l'antagonisme féminin sera dénoué lors d'une soirée dansante, le fameux " bal poussière ", organisé sur la place du village. C'est là que " Demi Dieu " surprendra Binta en train de fricoter avec son amant venu d'Abidjan animer la fête. A la fin du film, l'héroïne choisit de suivre l'homme qu'elle aime, préférant l'amour à la sécurité matérielle.

Avec " Bal poussière ", Henri Duparc est arrivé à mettre en scène la contestation sans didactisme aucun et c'est ce que nous apprécions chez ce cinéaste.

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